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Google, Facebook, agents secrets américains : Julian Assange l’écrivait…

Julian Assange

Les révélations du Guardian et du Washington Post font grand bruit. La NSA, les services secrets américains chargés du renseignement électronique aurait accès aux serveurs des plus grosses entreprises privées de l’Internet : Google, Skype, Microsoft, Yahoo!, Facebook, Apple, bientôt Dropbox. C’est le programme PRISM. La NSA peut aussi savoir qui téléphone à qui sur le réseau mobile Verizon, pendant combien de temps et quand. Vous pensez envoyer un message ou un document à vos amis, le renseignement américain serait donc susceptible de le lire. Surpris ?

L’information révélée par le souffleur d’alerte Edward Snowden et le journaliste militant Glenn Greenwald était pourtant connue. Dans leur livre commun Menace sur nos libertés, Julian Assange (rédacteur en chef de Wikileaks), Jacob Appelbaum (hacker du Noisebrigde de San Francisco), Andy Müller Maguhn (hacker berlinois du Chaos Computer Club) et Jérémie Zimmermann (porte-parole de la Quadrature du Net, une association des défense des droits des internautes) s’accordent : les pays les plus autoritaires et ceux qui apparaissent comme les plus démocratiques, de la Libye de Kadhafi aux Etats-Unis, pratiquent pareillement « l’interception en bloc ». Les Etats stockent tout ce qui se dit sur Internet et analysent dans un second temps, si besoin. Pour cela, ils passent par les géants de l’Internet.

« La NSA et Google sont partenaires en matière de cybersécurité pour des raisons de défense nationale des Etats-Unis »

Jacob Appelbaum

« Je constate qu’il y a aujourd’hui une militarisation du cyberespace, au sens d’une occupation militaire. Quand on communique sur Internet, quand on communique par un téléphone portable, qui est aujourd’hui raccordé à Internet, ces communications sont interceptées par des services de renseignements militaires. C’est comme si on avait un tank dans la chambre à coucher. C’est un soldat qui s’installe entre toi et ta femme quand vous envoyer des SMS »

Julian Assange

Le Wall Street Journal avait déjà révélé, en 2011 que l’administration américaine demande aux géants du net des informations sur leurs utilisateurs dans le cadre de procédures de Justice . Sans que ces derniers soient avertis de cette intrusion dans leur vie privée. Dans Menace sur nos libertés, Jacob Appelbaum va plus loin :

« L’Etat américain affirme aussi qu’il a le droit d’émettre une injonction administrative, moins fortes qu’un avis de recherche, et qui prévoit que le tiers (le service en ligne, ndlr) n’a pas de le droit de vous en parler, que vous n’avez pas le droit de vous battre parce que c’est le tiers qui est directement impliqué, et le tiers n’a pas non plus de fondement constitutionnel pour protéger vos données. »

Jacob Appelbaum

Barack Obama assume le programme PRISM mis en place en 2007 par son prédécesseur, George W. Bush. « Vous ne pouvez pas avoir 100% de sécurité, 100% de respect de la vie privée et aucun inconvénient. Il faut bien, en tant que société, faire des choix », a fait valoir le président américain. Pour lui, PRISM n’est pas destiné à surveiller les conversations des Américains mais celles des étrangers présents sur le sol américain et suspectés de liens avec des entreprises terroristes. PRISM aurait déjà permis d’éviter un attentat. La réaction du président américain n’étonne sûrement pas Jérémie Zimmermann, qui dans l’ouvrage commun déplore :

« On a des politiciens qui ne comprennent pas la technologie en jeu et à qui l’on demande simplement de signer quelque chose, et il semble que nous, citoyens, avons un rôle à jouer, qui ne se limite pas à l’explication du fonctionnement général de la technologie, y compris aux politiciens, mais consiste aussi à intervenir dans le débat politique autour de l’usage de ces technologies »

Jérémie Zimmerman

Menace sur nos liberte

Avant une éventuelle remise en cause citoyenne de ces méthodes des services secrets, ce scandale PRISM pourrait jouer des tours à Google, Microsoft et consorts. Ces firmes cherchent à convaincre les entreprises de leur confier leur informations professionnelles pour les stocker sur leurs services de cloud computing. Mais quelle entreprise acceptera de confier ses données à un prestataire accusé de collaborer avec l’Etat américain ? Pas étonnant que toutes les entreprises mises en cause par la presse anglo-saxonne n’ait pas tardé à nier les allégations à leurs encontres.

 

 

    • Les citations en gras sont extraites du livre Menace sur nos libertés, Comment Internet nous espionne, Comment résister, par Julian Assange, Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn et Jérémie Zimmermann, édition Robert Laffont. Paru en français le 25 mars 2013.
    • Dans cette vidéo, Edward Snowden revient sur les motivations qui le poussent à dénoncer le système mis en place par la NSA avec Microsoft, Google, Facebook et consorts

Florian Dèbes

crédit photo : LicencePaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Certains droits réservés par Antonio Marín Segovia

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Cette entrée a été publiée le 9 juin 2013 par , et est taguée , , , , , , .

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